1 - L’aubier et le bois parfait

Les racines, branches et tronc d'un arbre sont constitués d'un ensemble de fibres ligneuses, de parenchyme et de vaisseaux (environ 50% de cellulose et 20% de lignine).

L’aubier correspond au bois physiologiquement actif. Petit à petit les vaisseaux qui constituent l’aubier cessent d’alimenter l’arbre ; ils se bouchent et s’imprègnent de différentes substances (tannins, résines). Cette zone de l’arbre est alors appelée duramen et le bois est qualifié de bois parfait.

Les essences de bois peuvent se classer en deux catégories :
  • duramen différencié : l’aubier est plus clair que le duramen (ou bois de cÅ“ur dans ce cas là). Le duramen dans cette catégorie possède généralement une durabilité naturelle en résistant aux champignons lignivores et aux larves xylophages et il est peu ou pas imprégnable (chêne, châtaignier, douglas, mélèze…)
  • duramen non différencié : pas de différence de coloration entre l’aubier et le duramen et chaque zone a des facultés d’absorption distinctes (sapin, épicéa, peuplier…)


2 - Influences sur les caractéristiques du bois

L’essence d’un arbre ne suffit pas à déterminer les qualités propres du bois. D’autres facteurs peuvent influencer ces caractéristiques :
  • écosystème de culture (ensoleillement, nature du terrain, température, altitude)
  • mode de culture
  • le séchage naturel ou artificiel


3- Propriétés d’un bois

Ainsi chaque bois a acquis des propriétés propres qui sont traduites en critères techniques par :
  • la dureté
  • les propriétés physiques et mécaniques
  • la durabilité naturelle, résistance aux champignons et insectes
  • l’imprégnabilité (au produit de traitement)


4- Durabilité et Imprégnabilité

Les essences de bois sont caractérisées par différents classements :
  • classification de la durabilité naturelle vis-à-vis des champignons lignivores,
  • classification de la durabilité naturelle vis-à-vis des capricornes et des vrillettes
  • classification de la durabilité naturelle vis-à-vis des termites
  • classification d’imprégnabilité (propriété utilisée pour le traitement autoclave)

Imprégnabilité du Duramen (bois parfait)de l’Aubier
Douglas non imprégnablemoyennement à peu imprégnable
Mélèze non imprégnable moyennement imprégnable
Pin sylvestre peu à non imprégnable imprégnable
Western red cedar peu à non imprégnable peu imprégnable
Châtaignier non imprégnablemoyennement imprégnable
Chêne non imprégnable imprégnable
Robinier Faux acacia non imprégnableimprégnable
Iroko non imprégnable.
Azobe non imprégnable.
Maçaranduba non imprégnable.
Bangkirai non imprégnable.



5- Classes de risque

Les Classes de risques d’après la norme NF EN 335-2 et NF B 50-100.
La norme NF EN 335 définit les caractéristiques de base de chaque classe de risque, afin de pouvoir sélectionner les conditions d’aptitude à l’emploi

Classe situation en serviceexemple d’emploi
1Bois au sec,
humidité toujours
<20%
bois d’intérieur :meubles, parquets, portes, escalier, lambris…
2Bois sec,
humidité >20%
occasionnellement
Bois sous abris : charpentes
3bois soumis
fréquemment à une
humidité >20%
sans stagnation d’eau
pièces de construction ou menuiseries extérieures
verticales soumises à la pluie :bardage, fenêtre
4Bois à Humidité
permanente >20%
rétention et stagnation d’eau, bois en contact avec le sol ou immergé ; structure extérieures :
poteaux, piquets, platelage, balcon, ...
5Bois en contact
permanent avec l’eau de mer
appontements, piliers, bois immergés


3 Tableaux présentant la Durabilité naturelle par essence (duramen)
Cela permet de savoir dans quelle classe de risque se situe une essence n'ayant pas subit de traitement

Essences feuillus tempérées
Essences Classe 1
(a)
Classe 2
(a)
Classe 3
(b)
Classe 4
(c)
Bouleaunonnonnon non
Charmenonnonnon non
Érablenonnonnon non
Eucalyptus globulusnonnonnon non
Frênenonnonnon non
Hêtrenonnonnon non
Tilleulnonnonnon non
Chêne rouge d'Amérique ouiouinon non
Ormeouiouinon non
Noyerouiouioui non
Châtaignierouiouioui oui
Chêne rouvre & pédonculéouiouioui oui
Robinier (Faux acacia)ouiouioui oui



Essences résineuses tempérées
EssencesClasse 1
(a)
Classe 2
(a)
Classe 3
(b)
Classe 4
(c)
Épicéa (sapin blanc du nord)nonnonnon non
Sapin nonnonnon non
Pin noir d'Autriche et laricioouiouinon non
Pin weymouthouiouinon non
Cédreouiouioui non
Douglas (pin d'Oregon)ouiouioui non
Mélèzeouiouioui non
Pin maritime ouiouioui non
Pin sylvestre
(pin rouge du nord)
ouiouioui non
Western red cedarouiouioui non


Essences tropicales
Essences Classe 1
(a)
Classe 2
(a)
Classe 3
(b)
Classe 4
(c)
Ayousnonnonnon non
Illombanonnonnon non
Limbanonnonnon non
Sambanonnonnon non
Lauan whiteouinonnon non
Dibétououiouinon non
Framiréouiouinon non
Amarante ouiouioui non
Azobéouiouioui oui/non*
Angéliqueouiouioui non
Kosipoouiouioui non
Méranti dark redouiouioui non
Niangonouiouioui non
Sipoouiouioui non
Wengéouiouioui non
Bangkiraiouiouioui oui
Bétéouiouioui oui
Doussiéouiouioui oui
Irokoouiouioui oui
Maçarandubaouiouioui oui
Moabiouiouioui oui
Padoukouiouioui oui
Teck d'Asieouiouioui oui

* hétérogénéité du duramen (en fonction des approvisionnements)

(a) Sans limitation de durée de service.
(b) Pour des durées de service de l'ordre de 25 ans indépendamment de déformations à maîtriser séparément.
(c) Le comportement et la durée de service dépendent de nombreux facteurs liés au sol, climat, exposition, section de pièces, etc L'appréciation est donnée ici pour une durée moyenne de plus de 10 ans sans attaque significative. Il n'est pas non plus tenu compte de la section des bois qui, toutes choses égales par ailleurs, peut retarder la rupture des pièces attaquées par la pourriture


Remarque : un bois de classe 3 comme le pin sylvestre ou le douglas peuvent devenir un bois de classe 4 par traitement autoclave (voir ci-dessous)


6- La préservation du bois

La résistance contre les champignons lignivoires et les insectes xylophages du bois parfais est variable selon les essences, alors que celle de l’aubier est généralement nulle.
Lorsque la durabilité naturelle est insuffisante par rapport aux risques encourus lors de son utilisation, seule l’application d’un traitement de préservation pourra assurer une protection nécessaire. Et ce traitement est possible seulement pour les essences ayant une capacité d’absorption suffisante (voir tableau Imprégnabilité et voir Le Pin : nos engagements qualité et CTB B+ )


7- Choix du bois

Toutes ces caractéristiques du bois orientent les fabricants comme Marcanterra vers le choix d’une essence et d’une qualité de bois plutôt qu’une autre en fonction de considérations esthétiques, économiques, exigences de durabilité et des contraintes que l’aménagement est sensé subir. Par exemple :
  • pour fabriquer la structure d’un ponton ayant les pieds dans l’eau il est préférable d’utiliser du chêne ou certains bois exotiques qui sont de classe 4 naturellement ou encore du pin traité autoclave classe 4 d’après le classement des risques d’après la norme NF EN 335-2
  • pour un platelage en pin (critère éconimique), il faut choisir un pin ayant une dureté de bois suffisante. Pour cela il faudra privilégier du pin sylvestre issu des forêts du nord de l’Europe en qualité non classée Scandinave (la meilleure qualité en bois du nord) traité autoclave classe 4. Plus un résineux a une croissance lente plus son bois est dense et dur.
  • pour un platelage en bois naturellement durable (critère environnementaux et développement durable), le robinier faux acacia peut être sélectionné. C'est l'un des bois les plus dur en Europe (2 à 3 cernes par année) qui est utilisé traditionnellement pour les parquets et il donne des piquets plus solides que le chêne. Mais c'est un bois qui se fissure beaucoup. Il faut donc privilégier ce type de structure pour un aménagement dans espace naturel plutôt que dans un milieu urbain.
  • pour un bardage d’un poste d’observation, un bois de classe 3 suffit et donc du mélèze, du douglas, du châtaignier (classe 4) pourront être employés


Pour vous orientez vers le choix d’une essence et d’une qualité de bois, vous pouvez contacter l’équipe de Bureau d’Etudes Marcanterra bois (lien vers contact)