Le sens de l'histoire...
L'Aventure MarcanterraOutre la beauté sauvage de ses sites, par contraste avec les terroirs anciennement humanisés de Picardie, c'est aussi un territoire exceptionnel par son histoire.
Deux traits uniques le caractérisent :
• Une terre comtale et royale qui traverse les siècles depuis l'an mil jusqu'à nos jours pratiquement sans démembrements.
• Une terre « confiée » à une communauté de paysans-pêcheurs -la commune de Marquenterre- dès la fin du 12 ème siècle et qui a survecu jusqu'à la Révolution Française (et bien au-delà dans les esprits ....).

Une terre comtale et royale
De temps immémoriaux, ces laisses de la « Mer de Quend », marches imprécises de l'ancien Cantium des Romains, étape vers l'Angleterre, n'ont été que des lieux sauvages. On devait y chasser ou pêcher, y faire paître des troupeaux, mais il s'agissait d'abord d'un monde régi par les lois de la nature. C'est le monde du sable et de l'eau.
Ces « garennes » furent incorporées comme « terres vaines » au Domaine du Comte de Ponthieu, quand celui-ci s'est formé au cours de la période post-carolingienne.
On ne connaît pas bien cette période, marquée notamment par les incursions des Vikings, mais on voit réapparaître ce rivage au XIème siècle dans la Tapisserie de Bayeux, qui nous montre Harold de Wessex, échouant sur ces côtes, être arrêté par les hommes du Comte Guy (Wido) puis transféré, après bien des palabres, à son suzerain, le Duc Guillaume de Normandie.
La Commune de Marquenterre
Le deux septembre de l'an 1199, à la pleine époque des Croisades, marquée par le grand mouvement communal en Picardie, Guillaume, Comte de Ponthieu et sa femme Adelaïde (Alice), fille de Louis VII, roi de France, concèdent aux hommes de Mareskieneterre une commune dont l'article premier commence presque comme une Déclaration des Droits de l'Homme :
Art. 1 Les hommes de Marquenterre se donneront réciproquement des secours ...
Edouard 1er , roi d'Angleterre, sire d'Irlande, duc d'Aquitaine , Comte de Ponthieu et de Montreuil, avec son épouse Eléonore, confirmeront 11 ans plus tard les « hommes de Marquenterre » dans leurs droits.
Terre comtale, terre royale confiée à une communauté formée essentiellement d'éleveurs et de pêcheurs s'administrant eux-mêmes, le Marquenterre franchit ainsi les siècles jusqu'au 18 ème siècle, là où peu à peu l'originalité de son territoire et de ses habitants va disparaître sous la pression du « progrès agricole ».
La communauté jadis perçue comme aisée (ne disait-on pas que le curé de Quend était le plus riche du diocèse ?) s'éteindra sur quelques décennies, autour des années 1750. Les pâturages, jusqu'alors le plus souvent baignés par la mer, laisseront place aux terres « mises en valeur » par des endigages successifs, « les renclôtures ».
La « Garenne de Tourmont »
La « Garenne de Tourmont », pendant ce temps, demeure intangible sur près de six cents ans, probablement parce qu'objet de moindres convoitises, en raison de son milieu hostile, seule la chasse royale y témoigne d'un intérêt.
C'est le domaine du comte d'Artois, héritier des comtes de Ponthieu. C'est le territoire des dunes qui marchent, envahisseuses des églises. Ne dit-on pas que l'église actuelle de Saint-Quentin-en-Tourmont est la troisième du nom, les deux précédentes étant enfouies quelque part sous la dune ?
Au lendemain de la Révolution, la Garenne est vendue à un bourgeois de Ham (Somme). Elle s'étend toujours alors sur 2.800 hectares d'un seul tenant, de la Baie de Somme à la Baie d'Authie.
Ce n'est qu'à la mort du marquis de Querrieu, qui l'avait acheté en 1866, qu'elle sera démembrée pour la première fois en 1877 et 1878, donnant lieu à cinq lots dont le plus grand -1.000 hectares- se situe au sud, en bordure de Baie de Somme. Celui-ci sera acquis en 1923 par Henri Jeanson et portera alors le nom de « Domaine du Marquenterre ».
La famille Jeanson ou l'histoire du Marquenterre depuis 80 ans

Henri Jeanson, Acquéreur & Fondateur du Domaine de Marcanterra en 1923
La famille Jeanson va vivre une véritable histoire d'amour avec ce domaine, initialement acquis pour la chasse mais qui va témoigner, grâce à d'autres initiatives exceptionnelles, d'une quête permanente d'harmonie entre l'homme et la nature.
La Deuxième Guerre Mondiale le ravage.Le peu de grands arbres est coupé pour empêcher le débarquement des Alliés. Le trait de côte se transforme en forteresse, hérissée des bunkers de l'armée allemande, gardant farouchement l'embouchure de la Somme.
Les vestiges en sont encore très présents aujourd'hui, bien qu'à demi-ensevelis ou masqués par la végétation. Ils forment un trésor historique pour les générations futures, en particulier, à notre époque d'unification européenne. Vous pourrez en visiter certains si vous venez jusqu'à nous.
Puis, c'est le temps de la myxomatose -la maladie des lapins- qui, en 1953, va donner à toute cette région une opportunité historique, celle de fixer les dunes mouvantes grâce à la forêt.
Car, jusqu'alors, ces gentils petits rongeurs, vivant ici par dizaine de milliers, ne laissaient guère de chance à la végétation, surtout les arbustes, dont le moindre bourgeon était grignoté.
C'est Michel Jeanson, héritier propriétaire du Domaine, qui est à l'origine de cette initiative pour toute la région.
De véritables travaux d'Hercule sont engagés par une Association Syndicale regroupant les propriétaires de dunes de la Somme à l'Authie. Ils seront réalisés en une décennie environ et aboutiront à la fixation des dunes par l'oyat et le mélilot, puis à leur forestation, pour donner aujourd'hui un paysage absolument unique dans le Nord de la France.
Michel Jeanson, infatigable, va multiplier bien d'autres initiatives, dont celle de l'horticulture, en devenant le premier producteur de plantes à bulbes (tulipes, jacinthes, ..) de France. 
Il sera aussi à l'origine du programme d'assainissement des terres noyées des Bas-Champs et de bien d'autres encore.
La plus belle d'entr'elles donnera naissance, en 1973, au Parc Ornithologique du Marquenterre, véritable sanctuaire d'oiseaux migrateurs qui accueillera un public de plus en plus important au fil des années pour atteindre aujourd'hui 150 000 visiteurs.
Ce parc est aujourd'hui la propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1983 et est géré par le Syndicat Mixte pour l'Aménagement de la Côte Picarde. Il jouxte au Nord, le Domaine de Marcanterra et s'inscrit comme un joyau dans un écrin au coeur de la Réserve Naturelle de la Baie de Somme qui ne compte pas moins de ... 3.500 hectares.
Bien d'autres évènements uniques seraient encore à raconter de cette véritable épopée qui dure depuis 80 ans : l'arrivée des sangliers, les premières nichées d'avocettes en Picardie, le retour des cygognes, l'arrivée des mouflons et enfin celle des chevaux Henson qui vont trouver ici leur territoire emblématique.

C'est aujourd'hui au Domaine de Marcanterra de prendre le relais et de poursuivre cette aventure, celle de la quête éternelle d'harmonie entre l'homme et la nature dont ce lieu témoigne depuis 80 ans, sinon depuis toujours !
C'est cette splendeur qui vous attend !... Cette partie de « terre vaine » entre France et Angleterre, cette « cathédrale de nature » servant depuis la nuit des temps de reposoir aux migrations d'hommes et d'oiseaux, doit vivre et demeurer pour témoigner de l'histoire des hommes et de la vitalité de la nature en ce début du XXIème siècle qui cherche son chemin d'harmonie.
